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Les locomotives de type Dm3 SJ
Les moyens de traction engagés
Afin d’assurer la traction de
ces trains de minerais, il fallait disposer de moyens appropriés. Aux débuts de
la ligne, circulaient des locomotives à vapeur ayant une charge à l’essieu de
12,7 tonnes et pouvant tracter des trains de minerais pouvant atteindre les
1'300 t. La vitesse « commerciale » du convoi n’excédait que rarement les 10
km/h sur certaines portions de la ligne, principalement celles dépassant les 10
o/oo de rampes. Comme expliqué au chapitre précédent, l’électrification de la
ligne fut décidée en 1910 et l’électrification totale fut réalisée entre 1914 et
1923.
Même si de 1890 à 1914,
l’électrification en Suède n’a pas dépassé le stade des lignes industrielles ou
locales, il s’en est rapidement développé une industrie performante dont
l’entreprise ASEA fut le fer de lance. Sous l’ère électrique, la ligne fut dotée
à l’origine de 15 locomotives réparties en « activités », soit 13 pour la
traction des trains de minerais ou marchandises et 2 pour la traction de trains
dits rapides. Faisant suite aux prémices de cette électrification où, jusqu’à
maintenant le pays n’avait vu que des automotrices ou locomotives industrielles
légères, ASEA amène une série de locomotives doubles, de type Oa, Ob et Of qui
vont influencer le futur développement des systèmes de traction sur cette ligne.
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Pour se faire une idée du type de
locomotives et du trafic, je propose de cliquer sur l'image ci-après pour
visionner un petit film de 52 secondes |
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Ces locomotives développaient
une puissance de 1225 kW et pouvaient fournir un effort de 150 kN pour la
traction des trains à une vitesse de 30 km/h sur les portions les plus
difficiles de la ligne. D’un poids de 100 tonnes, elles présentaient une
disposition des essieux pouvant différer selon le type exact de machines, par
exemple : 1 – C + C – 1 ou 2 – B + B – 2. Ces dispositions suivaient de près ou
de loin l’évolution du parc moteur dans le monde, à savoir des essieux moteurs
accouplés entre eux par des bielles et des essieux porteurs, ou guidants, nommés
aussi bissels. Cette technologie par bielles, dérivée en droite ligne de la
traction vapeur, assurait de répartir la charge par essieu de la locomotive sur
le rail car le volume des moteurs de traction au début du siècle passé était
relativement élevé.
D’allure plutôt esthétiques,
ces machines creuseront leur trou et feront rapidement leurs preuves face à des
machines à vapeur handicapées par leur manque de puissance continue et les
conditions hivernales peu favorables.
La vitesse maximale pouvant
atteindre les 60 km/h sur les tronçons à profils favorables, il faut donc encore
améliorer les caractéristiques des locomotives électriques avec pour but de
tirer des trains encore plus lourds et de gagner du temps sur le transport. Il
faut noter également que l’on disposait initialement d’environ 375 wagons
destinés au transport de minerais. Des wagons à trois essieux de type M1 ayant
42 tonnes de charge utile furent complétés dans les années 20 par de nouveaux
wagons à bogies pouvant embarquer 80 tonnes de minerais (20 tonnes par essieu)
et équipés d’un attelage automatique SA3 provenant de l’Union Soviétique.
Après la seconde guerre
mondiale, on évolua encore dans la construction des locomotives électriques :
les locomotives doubles Of2 vont être transformées de manière à rajouter un
élément « Of », soit une demi-locomotive supplémentaire à la machine double,
afin de former un assemblage triple qui sera nommé Of3 (disposition des
essieux : 1’C+C1’+C1’). Les modifications sont importantes car il faut adapter
les parties haute-tension et de contrôle commande à la nouvelle construction du
véhicule. On monte ainsi jusqu’à des puissances de 3'960 kW (contre 2'944 kW
pour les Of2) avec un effort de traction de 570 kN et une vitesse maximale de 75
km/h. Elles pouvaient tirer 3'100 tonnes sur la ligne nordique et ont roulé
jusqu’en 1971 !
Il y eu encore de nombreux
« essais » sur la ligne durant toutes ces années écoulées. Des machines de type
Oc, avec disposition des essieux B – B, plus proches des locomotives européennes
actuelles mais toujours à transmission à bielles, passèrent sur l’axe du
Riksgränsen sans toutefois donner suite à une plus grande série. Les critères
sont toujours les mêmes : tracter des trains lourds, à une vitesse commerciale
élevée ! Toutefois, le nombre de trains étant en augmentation, il fallait aussi
compter avec le fait que les croisements fréquents stoppent les trains et que
leur redémarrage devait aussi être pris en compte au niveau des performances du
véhicule-moteur.
En parallèle de cette
évolution de locomotives doubles ou triples, ASEA développait toute une série de
locomotives de type D (déclinées en sous-séries Da, Dg, Dk ou Du). Ces
locomotives ont une suite d’essieux de type 1’C1’, une puissance nominale de
1840 kW et les plus rapides peuvent atteindre 100 km/h. Les différentes
déclinaisons sont, en fait, dictées par les performances de la machine en
elle-même : l’universalité de la locomotive n’étant pas une chose acquise, on a
différencié les locomotives en fonction de leur affectation (trafic voyageur,
marchandises ou minerais). La série « D » est l’une des plus grandes de Suède et
on les reconnaissait souvent grâce à leur caisse constituée de lamelles de bois
verticales, donnant un style très fin à ces locomotives.
En fait, les premières pièces
de la série D ont vu le jour entre les années 1925-1933 et ont suivi un
développement identique à leurs consoeurs du nord de la Suède. Profitant de
l’expérience menée avec leurs anciennes générations, on les améliorait au fur et
à mesure des séries. C’est aussi une raison de la présence d’un nombre important
de ces sous-séries, souvent difficiles à retrouver et à tracer pour en faire une
véritable compulsion. (Il s’agit là aussi l’une des raisons pour lesquelles je
me suis restreint à ne présenter que les séries fondamentales sans entrer dans
des détails trop poussés et inutiles dans ce genre de pages).
Ce n’est qu’après la seconde
guerre mondiale que l’on pu entreprendre une étape supplémentaire dans
l’évolution du matériel moteur. Comme expliqué peu avant, les locomotives
doubles de type Of2 ont été agrandies pour former des machines de type Of3.
L’expérience retirées de l’utilisation des locomotives de type « D », ainsi que
la modernisation du parc en Europe (sortie de locomotives de type Bo Bo de la
série Re 4/4 II aux Chemins de Fer Fédéraux (CFF) suisses) accéléra l’avènement
de l’une des plus grande locomotive du monde (pour l’époque) : la Dm3 !
Nous sommes dans les années
1950 et on décide donc d’utiliser la technologie existante des machines doubles
de type Of et la constitution plus moderne des toutes dernières série « D » pour
créer une locomotive double avec constitution des essieux 1’D + D1’. Elle
possédait toujours une transmission à bielles et on n’a toujours pas pu,
malheureusement, se passer de ces essieux porteurs. Elle reçut le type « Dm »
comme patronyme. On trouvera aussi une équivalence en Suisse avec les
locomotives doubles de type Ae 8/14 des CFF ou Ae 8/8 du BLS par exemple.
Les caractéristiques de la Dm
étaient les suivantes : vitesse maximale : 75 km/h, puissance 3'680 kW, effort
maximal porté à 550 kN et un poids à l’essieu de 17 tonnes. Le poids total
dépassait légèrement les 162 tonnes pour ces nouvelles machines. Elles entrent
en service dans le courant de l’année 1953.
Malgré l’apparition des
machines doubles « Dm », il devient toutefois toujours plus difficile de tenir
le rythme de la production de minerais. La ligne devient rapidement saturée.
Plusieurs études sont menées afin de trouver des solutions adaptées pour
augmenter encore la capacité de la ligne. On trouvera en vrac : doublement
partiel ou complet, augmentation de la charge remorquée, longueur des gares de
croisement, nouveaux wagons de transport, etc. Chacun de ces points fut
analysé. Le coût financier n’est pas négligeable dans une telle entreprise car
les chiffres se montent en millions de Couronnes ! Il fut donc abandonné
(provisoirement ?) de procéder à un doublement de la ligne. L’infrastructure ne
permet pas, à certains endroits, de poser une seconde file de rails pour
augmenter la capacité de la ligne. Pour arriver à transporter plus de minerais,
il faut des wagons pouvant contenir plus de minerais, donc implicitement des
locomotives encore plus puissantes que les machines existantes et obtenir une
infrastructure pouvant supporter des poids de roulement plus élevé. On quitta
donc le 20 tonnes par essieu des trémies Uad pour passer à 25t/essieu. Des
nouveaux wagons Uadp avec une charge brute de 100 tonnes furent eux aussi
commandés et on doit ensuite se pencher au problème d’assurer la traction de ces
nouveaux trains à une vitesse plus élevée qu’actuellement pour que le délai de
transport soit raccourci. En fait, on se retrouve quasiment devant les mêmes
problèmes que 20 ans en arrière !

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